Dialogue NB demande aux maires de se joindre au mouvement pour favoriser la cohésion sociale au niveau local

By |2018-10-29T20:34:21+00:00octobre 26th, 2018|Non classifié(e)|0 Comments

Dialogue NB prend l’initiative d’inviter des municipalités de partout au Nouveau-Brunswick à appuyer des projets chapeautés par des citoyens qui favorisent la cohésion sociale. Moncton, nouvelle Communauté Dialogue, espère que d’autres initiatives comme le Projet Jumelage verront le jour. Ce projet, parrainé par la Ville, met en contact des étudiants internationaux avec des familles locales pour qu’ils se sentent chez eux et qu’ils se créent un réseau avant l’obtention de leur diplôme.

La mairesse, Dawn Arnold, affirme que la participation de la Ville consiste à outiller ses citoyens pour qu’ils puissent apporter les changements nécessaires dans leur milieu. Elle est actuellement à la recherche de citoyens passionnés afin de créer un comité qui pourra trouver des idées de projets semblables au Projet Jumelage.

« Une collectivité qui célèbre et favorise la cohésion sociale : à quoi cela ressemble-t-il? Qu’est-ce que ça veut dire concrètement? [Il s’agit] d’en parler et de rassembler tout le monde, et de se demander ce que nous pouvons faire, tous ensemble, pour que les gens se sentent accueillis chez nous », explique-t-elle.

Dialogue NB est une organisation sans but lucratif dont la vision consiste à faire en sorte que tous les résidents du Nouveau-Brunswick se sentent acceptés, valorisés et compris. Son programme Communautés Dialogue vise à aider les 104 municipalités, villes et villages de la province à mettre sur pied des projets qui accélèrent la cohésion sociale.

Globalement, on entend par cohésion sociale un processus grâce auquel une localité établit et atteint des objectifs communs qui profitent à tous les membres et à tous les groupes constitutifs.

« Essentiellement, [la Communauté Dialogue] s’engage à établir des objectifs communs pour sa population. Elle désigne et nomme un responsable bénévole du dialogue qui peut rassembler les gens, faire changer les choses, convoquer des réunions et constituer un comité de bénévoles par la suite. C’est donc un véritable rassemblement de citoyens », rapporte Nadine Duguay-Lemay, présidente-directrice générale de Dialogue NB.

« La municipalité adopte l’initiative et annonce être une Communauté Dialogue mais, en réalité, ce sont les citoyens qui vont orchestrer les efforts. Dialogue NB vient ensuite appuyer ce comité, ajoute-t-elle. En quelque sorte, nous mettons à profit le leadership à l’échelle locale que nous observons actuellement pour influencer les programmes provinciaux. »

Ces comités, composés d’au plus huit membres, travailleront pour lutter contre l’exclusion et la marginalisation, cultiver un sentiment d’appartenance et de confiance chez les résidents et offrir à tous les résidents des occasions de mobilité ascendante. Des initiatives déjà en place peuvent également être ralliées à la même bannière.

Le comité organisera également une journée du dialogue au troisième trimestre de sa constitution, qui peut prendre tout format.

Dialogue NB formera le responsable communautaire du dialogue et lui donnera les outils nécessaires. Le processus commencerait par une réunion inaugurale avec le responsable bénévole, le maire et le personnel de la municipalité, et éventuellement un expert et un représentant de Dialogue NB. Une évaluation créée par les experts en résidence de Dialogue NB mesurera l’état de cohésion sociale de la municipalité en fonction d’indicateurs économiques, culturels, sociaux et politiques. La fiche d’évaluation contribuera à l’établissement des priorités et des plans d’action qui s’étaleront sur des périodes de 90 jours.

À Moncton, la mairesse Arnold espère que l’état de Communauté Dialogue aidera la Ville à régler son problème le plus criant : attirer la main-d’œuvre compétente. Pour attirer cette main-d’œuvre, la Ville se doit d’être plus inclusive, dit-elle.

« Pendant de nombreuses années au Nouveau-Brunswick, nous avions beaucoup de familles nombreuses, et ce sont elles qui comblaient les besoins sociaux des gens. Aujourd’hui, nous sommes plus diversifiés et les arrivants viennent de milieux qui n’ont peut-être pas des racines aussi profondément ancrées ici, ajoute-t-elle. Oui, nous sommes accueillants et gentils, mais je crois que nous devons tous joindre le geste à la parole. »

Dieppe est également en train de recruter les membres d’un comité de citoyens à l’appui de sa participation au programme Communautés Dialogue. Le maire, Yvon Lapierre, annonce que Dieppe est désormais une Communauté Dialogue et a nommé Moncef Lakouas à titre de responsable du dialogue. Il estime que le programme servira de tribune additionnelle pour entamer le dialogue.

« Ce programme propose une autre tribune pour diffuser le message et aider le reste de la province à entamer le dialogue entre les deux communautés linguistiques. L’origine des gens, c’est une chose, mais je pense que notre capacité de nous comprendre, même si nous parlons une langue différente, doit ultimement nous unir », dit-il.

Le maire Lapierre espère également qu’être une Communauté Dialogue aidera Dieppe à intégrer davantage d’étudiants étrangers.

« Nous sommes très fortunés d’avoir ici à Dieppe un campus du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick qui intègre habilement les étudiants étrangers qui arrivent au collège. En tant que ville, nous n’avons pas communiqué avec eux aussi activement. Au cours des deux dernières années, nous avons établi le contact avec des étudiants du collège communautaire, mais je crois que nous avons également la même responsabilité à l’endroit des étudiants de l’Université de Moncton, rapporte-t-il. Nous voulons en faire plus pour conserver ces étudiants. »

Il est important que Dieppe apporte sa contribution, selon lui. Il encourage d’autres municipalités à emboîter le pas.

« Pour être une province forte et avoir une population forte, nous devons rassembler les gens, qu’ils soient issus de régions différentes de la province, de différents groupes linguistiques ou qu’ils vivent en milieu rural ou urbain », explique-t-il.

Dialogue NB a pour objectif d’inscrire 90 % des 104 collectivités de la province à titre de Communauté Dialogue d’ici cinq ans. L’objectif est de dix collectivités dans la première année.

Le programme coûte entre 250 $ et 1 000 $ par municipalité par année, selon sa taille.

Dialogue NB offrira également aux communautés participantes de l’aide en matière de promotion, des trousses d’outils, des gabarits d’activités et un accès à ses experts en résidence et au laboratoire de cohésion des jeunes à l’appui des comités de citoyens.

Les communautés et citoyens intéressés peuvent communiquer avec Mme Duguay-Lemay ou visiter le site Web de Dialogue NB.

« En vérité, si vous faites partie du mouvement, vous vous ralliez à la vision et au mandat de Dialogue NB, à savoir que chaque résident se sent valorisé, écouté et chez lui », déclare Mme Duguay-Lemay.

« Le paysage socio-démographique a changé et nous avons besoin que tous les résidents se serrent les coudes pour affronter les défis auxquels se heurte le Nouveau-Brunswick, explique-t-elle. Au Nouveau-Brunswick, il y a 22 communautés de Premières Nations, il y a des francophones et des anglophones, et nous avons besoin de nouveaux arrivants. Il ne faut pas jouer à l’autruche. Il y aura certes des moments difficiles, mais je crois qu’il est temps de sortir de notre zone de confort. Il est temps d’entamer un véritable dialogue auprès de tous les Néo-Brunswickois. »

–Cet article fut traduit de la version originale d’Inda Intiar–